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Les progrès de la science entraînent de grands progrès de la raison (non-religieuse), parfois contre le conformisme traditionnel. Siècle riche en contradictions.
De la "philosophie", de l’adoucissement général des murs, du progrès général des sciences, si remarquable en ce siècle comme au siècle suivant, procède aussi le "despotisme éclairé", qui tend à substituer un absolutisme fondé sur la "raison" à l’ancien droit divin. Un effort de rénovation du gouvernement et de l’administration se manifeste par l’introduction de lois progressistes. Il est accompagné d’une hostilité croissante envers l’Eglise, conséquence des origines "philosophiques" de tout le mouvement du siècle. Le terme, c’est la Révolution, qui engendre un monde nouveau.
Les événements qui délimitent le Siècle des lumières sont la mort de Louis XIV, en 1715, et le coup d'état perpétré par Napoléon Bonaparte, le 18 Brumaire an VIII (9 novembre 1799), annonciateur de l'empire. Entre ces deux extrêmes, le siècle se décompose en plusieurs temps: d'abord la Régence (1715 - 1723), puis les règnes de Louis XVLouis XV (1723 - 1774) et de Louis XVI (1774 - 1791), enfin la Révolution française (1789 - 1799).
La France, qui est alors le pays le plus peuplé d'Europe, connaît, pendant près de quatre-vingt ans, la paix intérieure et la prospérité économique. A mesure que l'esprit philosophique se développe, dans les salons, les cafés ou les clubs, l'autorité monarchique se dissout, sapée pa rdes tentatives de réformes sans lendemain, comme par l'opposition aristocratique. Forte de sa puissance financière, la bourgeoisie d'affaires manifeste son désir d'annexer le pouvoir politique, ambition qui se concrétisera à partir de 1789.
Dans le domaine des arts, Louis XIV vieillissant voulait "de l'enfance répandue en toutes choses". Sous la régence, cette tendance à la légèreté s'accentue. Elle s'épanouit pendant le règne de Louis XV. Le goût de l'élégance, du confort, et des beaux objets se répand jusque dans les rangs de la bourgeoisie. Mais, dans la seconde moitié du siècle, les philosophes s'insurgent contre les tendances libertines de la société, auxquelles ils associent le style rocaille. Ils prônent un retour aux vertus de la Rome antique et républicaine, qui deviendront en grande partie l'idéal révolutionnaire.
- La mort de Louis XIV fut le signal d'une grave crise qui allait profondément modifier l'orientation de la politique extérieure de la France et jusqu'aux structures mêmes de la nation. Dans le même temps les diverses coalitions européennes entraîneraient bientôt une série de luttes déchirantes.
1715-1723 : la Régence
En 1715, lorsque meurt Louis XIV, Louis XV devient roi à cinq ans mais il est trop jeune pour prendre le trône. La France a des dettes : recettes = 69 M. dépenses = 132 M. dette publique = 2.800 M. La Régence est assurée par Philippe d'Orléans. Le Régent donne du pouvoir au parlement et à la grande noblesse pour redresser le pays - devant les demandes excessives, Louis XV déclare " Le Roi veut être obéi ". La situation financière du royaume reste cependant désastrueuse. Le Régent soutient l’expérience audacieuse d’un Ecossais, John Law. A la mort de Louis XIV, en effet, le royaume de France connaissait deux crises, l'une monétaire, l'autre financière. Les réformes de l'économiste écossais, devenu Contrôleur général des Finances en 1720, visait à résoudre la première de ces deux crises par une augmentation de la masse monétaire en ayant recours à la création et à la généralisation du papier-monnaie. Selon le " système " de Law, l’augmentation de la masse monétaire devait produire une hausse d’activité commerciale et l’extinction progressive de la dette publique. Law va donc introduire le papier-monnaie (1716) et créer une banque privée qui deviendra Banque Royale (1718), dont le principal investissement est la Compagnie du Missippi. Les actions montent en flèche et tombent aussitôt. Des fortunes sont créées, mais beaucoup d’autres sont détruites. Ruiné, Law fuit à Bruxelles (1720), et le Régent perd beaucoup de sa crédibilité. Il meurt brusquement en décembre 1723.
Cette période du siècle est notamment marquée par une certaine libération des moeurs, par le goût croissant du luxe, par l'impiété et le libertinage. Cette partie du siècle se démarque donc des premières années du siècle où la misère et l'austérité dominaient les lieux mais le climat est instable et fluctuant, ce qui amène plusieurs pièces de théâtre et certains romans traduisant ce phénomène. Marivaux est l'un de ces auteurs qui, malgré la censure et les interdictions, trouvent le moyen de faire publier ses textes et d'être aimé du public.
Deux tendances littéraires s'affrontent en ce début de siècle. Les Anciens et les Modernes revendiquent chacun leurs critères d'écriture. D'un côté, les partisans du progrès de l'innovation en matière de création artistique, les Modernes (Fontenelle), de l'autre ceux qui s'attachent aux anciennes façon de faire de l'Antiquité, les Anciens (Boileau et La Fontaine). Cette querelle souligne un changement important dans les mentalités. La Raison, l'esprit et le refus de la tradition vont faire naître des textes révolutionnaires qui attaquent directement l'Église (très forte à cette époque) et les institutions.
- 1723-1774 : Règne personnel de Louis XV.
A la mort du régent, Louis XV règne officiellement. En réalité, le pouvoir est exercé par le duc de Bourbon, puis par le cardinal de Fleury, qui parvient à rétablir les finances. Pendant les années 1743 - 1758, Louis XV gouverne par lui-même. La publication de l' Encyclopédie est interdite. Le roi abandonne la direction du royaume au duc de Choiseul, lequel favorise indirectement l'opposition des parlements et des philosophes. En 1770, avec l'arrivée du triumvirat Maupeou - Aiguillon - Terray, le pouvoir se durçit. L'intérêt pour toutes les formes de sciences se fait croissant, et se poursuivra sous le règne suivant. A l'extérieur, la France, dont le rayonnement culturel n'a jamais été aussi intense (Voltaire est appelé à la cour de Frédric II de Prusse), apparaît, malgré quelques succès militaires, politiquement affaiblie, ce dont témoigne la perte de ses colonies des Indes en 1756 et du Canada en 1763
- 1734 Avec les Lettres philosophiques, Voltaire prône les avantages de la vie politique et culturelle anglaise (monarchie constitutionelle, tolérance religieuse, noblesse commerçante).
- 1738:
- 18 novembre
Traité de Vienne sur la Pologne
La signature du Traité de Vienne marque la fin de la guerre de succession en Pologne. La Russie et l'Allemagne qui n'avaient pas reconnu le roi de Pologne Stanislas Leszczynski, avaient engagé le conflit. Après cinq années de guerre, le gendre de Leszczynski, Louis XV, impose au souverain polonais de renoncer à son pays au profit d'Auguste II. Selon les clauses du traité de Vienne, il recevra en échange les duchés de Bar et de Lorraine qui reviendront à sa fille Marie Leszczynska à sa mort, c'est-à-dire à la France.
- 1745:
- 11 mai
La bataille de Fontenoy
Durant la guerre de Succession d'Autriche, les Français, commandés par Maurice de Saxe, remportent une brillante victoire sur les Anglais et les Hollandais à Fontenoy (Belgique). En récompense, Louis XV nomme Maurice de Saxe maréchal et lui offre le château de Chambord. Cette victoire sera réduite à néant par le traité de paix d'Aix-la-Chapelle (Allemagne), signé le 8 octobre 1748 : Louis XV voulant traiter "non en marchand mais en roi", restituera ses conquêtes.
- 1748:
- 18 octobre
Signature du second traité d’Aix-la-Chapelle
Afin de mettre un terme à la guerre de succession d’Autriche, un congrès réunit les puissances en cause et aboutit à la restitution quasi-totale des territoires conquis. La Prusse, sous Frédéric II garde la Silésie. Les duchés de Parme et de Plaisance reviennent au gendre de Louis XV, don Philippe. Marie-Thérèse et François Ier restent sur le trône d’Autriche en respect de la Pragmatique sanction (héritage de l’empire Habsbourg de Charles VI). C’est également lors de cet accord que Louis XV doit accepter le pouvoir hanovrien et protestant d’Angleterre. Enfin, l’Angleterre redonne à la France Louisbourg, en Nouvelle-Écosse (Canada). Toutefois, la guerre de Sept ans ne tardera pas à éclater, opposant à nouveau ces puissances.
- Montesquieu publie "l’Esprit des lois"
A partir de son expérience des différents pays européens et de nombreux témoignages, Charles de Montesquieu élabore sur près de vingt ans une comparaison poussée des systèmes politiques. Il en tire une synthèse dans "l’Esprit des lois". Face aux attaques qu’il déclenche, notamment de la part des jésuites et des jansénistes, Montesquieu répondra en publiant "Défense de l’Esprit des lois" en 1750. Certains éléments de son ouvrage seront repris lors de la rédaction de la nouvelle Constitution, au moment de la Révolution.
- 1750 : Excellente gestion des finances : le pays sort de la crise économique, malgré des difficultés. Louis XV est influencé par sa favorite, Madame de Pompadour (une bourgeoise !), qui est impopulaire dans le pays. Il se montre souvent maladroit ( traité d'Aix la Chapelle, impôts de l'Église, emprisonnements rapides, livres brûlés, excès de sa vie privée), malgré sa compétence.
- 1751 Publication du premier tome de L’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.
- 1752:
- 7 février
L'Encyclopédie est censurée
Un arrêté du conseil du roi Louis XV interdit l'impression et la diffusion des deux premiers volumes de "L'Encyclopédie"ou "Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers". L'œuvre collective dirigée par Denis Diderot et d'Alembert est jugée subversive par les Jésuites qui la qualifie "d'athée et matérialiste". Le contenu politique et philosophique, plus que les parties techniques et scientifiques, est décrié. Les thèses développées par l'abbé de Prades, un des contributeurs de l'Encyclopédie, sont, selon les membres du conseil, "contaminées par l'esprit voltairien". L'ecclésiastique devra se réfugier en Prusse.
- 1 août
La Querelle des Bouffons éclate à Paris
En gestation depuis quelques semaines, notamment avec la parution d’un article de Jean-Jacques Rousseau, la Querelle des Bouffons éclate avec l’arrivée d’une troupe itinérante italienne. Celle-ci connaît un succès imprévu avec sa représentation de La "Serva Padrona" de Pergolèse, qui paraît bien loin de la référence française d’alors, à savoir Rameau. Doté d’une perception scientifique de la musique fondée sur l’harmonie, il voit s’opposer à lui des théories soutenant l’importance première de la mélodie. Cette querelle qui divise les intellectuels français pendant deux ans, en opposant le traditionalisme baroque de Rameau aux idées des encyclopédistes et surtout à un Rousseau précurseur du romantisme, est un symbole des mutations intellectuelles alors en cours.
- 1755 :
- 1er novembre: Tremblement de terre à Lisbonne. Le désastre provoquera un débat dans toute l’Europe sur la providence divine et inspirera en partie le conte Candide de Voltaire (1759).
- mars: Rousseau, Discours sur les origines de l’inégalité. C’est à l’occasion d’un concours de l’Académie de Dijon que Jean-Jacques Rousseau compose son premier véritable ouvrage philosophique. A partir du sujet "Quelle est l'origine de l'inégalité parmi les hommes et est-elle autorisée par la loi naturelle ?", il développe une nouvelle théorie de l’état de nature et du contrat social. Opposé à Hobbes, il ne présente pas le contrat social comme facteur de paix mais comme moyen de pérenniser des inégalités injustes.
- 1757 Tentative d’assassinat de Louis XV par Damiens ( 5 janvier). Le supplice publique de Damiens par écartèlement deviendra un symbole du pouvoir brutal de la monarchie absolue.
- 1759
- 3 septembre: Condamnation de l’Encyclopédie pour irreligion. Le mouvement " anti-philosophique " atteint son maximum. Avec l’appui de Madame de Pompadour et quelques ministres éclairés, Diderot réussira à publier les derniers tomes sous " privilège tacite " ou permission non-officielle. (La publication s’achèvera en 1772.)
- 19 septembre: Chute de Québec
Bombardés par la marine britannique depuis deux mois, les Français assiégés dans Québec capitulent. Le capitaine John Knox prend possession de la ville qui n'est plus qu'un champ de ruines. Le 13 septembre précédent, l'infanterie britannique avait défait les troupes françaises lors de la bataille des plaines d'Abraham, bataille au cours de laquelle Montcalm avait été tué. Les 15 000 habitants de la province deviennent sujets de la couronne d'Angleterre. L'armée française se replie sur Montréal qui tombera à son tour aux mains des Anglais un an plus tard.
- 20 novembre: Défaite de la flotte française face aux Anglais
Au large de Belle-île la flotte française de l'amiral Conlans est déroutée par celle de l'amiral britannique Hawke. La guerre qui oppose la France, la Russie et l'Autriche à l'Angleterre et la Prusse a débuté en 1756. Elle durera jusqu'en 1763 et prendra le nom de "Guerre de sept ans".
- 1760 : Le ministre Choiseul est trop favorable au Parlement.
- 8 septembre: Montréal cède face aux Britanniques
Peu de temps après la capitulation de la ville de Québec, Montréal, sous le pouvoir du gouverneur Vaudreuil, est à son tour contrainte à la reddition. Dès 1755, la guerre entre Britanniques et Français ravageait les territoires canadiens, avant même que ne débute la guerre de Sept ans (1756 1763), qui a alimenté les conflits. La totalité de la Nouvelle-France passe désormais aux mains des Anglais. Le traité de Paris, en 1763, établira officiellement le pouvoir britannique sur le Canada (sauf Saint-Pierre-et-Miquelon).
- 1761 Rousseau, La Nouvelle Héloise. Roman de sentiment, étude psychologique, et vision sociale, ce sera le best-seller de l’époque.
- 16 janvier: La France perd Pondichéry
Le général français Thomas Arthur de Lally-Tollendal capitule devant les Anglais à Pondichéry au terme de huit mois de siège. La France ne lui pardonnera pas cette défaite et l'accusera de trahison, eu égard à ses origines irlandaises. Lally-Tollendal sera jugé par le Parlement de Paris et exécuté en 1766. Son fils, avec le soutien de Voltaire, obtiendra sa réhabilitation en 1778. Quant au comptoir de Pondichéry, il sera restitué à la France par le traité de Paris, en 1763. Souvent occupé par les Britanniques dans les années qui suivront, il sera finalement rendu à l’Inde en 1954.
- 10 mars: Exécution de Jean Calas
Jean Calas est exécuté selon le supplice de la roue sur la place Saint-Georges de Toulouse. L’homme, protestant, est accusé d’avoir tué son fils parce que celui-ci voulait se convertir au catholicisme. En fait, la famille Calas avait prétendu avoir retrouvé son fils assassiné alors que celui-ci s’était pendu, cela afin d’éviter l’humiliation réservée au corps des suicidés à cette époque. Mais l’intolérance religieuse, la rumeur ainsi que l’acharnement du capitoul de Toulouse ont eu raison de la vérité. Jean Calas est supplicié alors qu’il crie son innocence. Découvrant la vérité, Voltaire a alors œuvré pour la réhabilitation de Calas.
- 1762 Rousseau, Emile ou l’éducation & Du contrat social. Approfondissant ses thèses sur l’état de nature de l’homme, il s’attache dans cet ouvrage à réconcilier contrat social et liberté de chacun. Pour être juste, la société doit être gouvernée par tous, chacun doit pouvoir participer au pouvoir. Le contrat doit donc être l’expression de la volonté générale, et Rousseau en appelle en fait à une sorte de démocratie participative. Si les principes développés dans le "Contrat social" de Rousseau ne seront jamais appliqués à la lettre, ils deviendront la base de la pensée politique moderne.
- 1763 :
- 10 février
Fin de la guerre de Sept Ans
La signature du traité de Paris met fin à la guerre franco-anglaise. La France perd de nombreuses colonies : elle cède aux Anglais le Canada ainsi que la région à l’est du Mississippi, la Dominique, plusieurs îles antillaises, le Sénégal. En revanche, elle garde ses cinq comptoirs indous de Pondichéry, Chandernagor, Mahé, Yanaon et Karikal, ainsi que la Guadeloupe et la Martinique. Elle doit par contre renoncer à toute activité politique sur le territoire, détruisant les efforts diplomatiques de Dupleix. L'Espagne, quant à elle, récupère l'île de Cuba et reçoit la Louisiane des Français en compensation de la perte de la Floride qu'elle a donnée aux Anglais. Les accords du Traité de Paris sont signés par les représentants de la France, de l'Angleterre, de l’Espagne et du Portugal, après trois ans d'âpres négociations.
- 1764:
- 26 novembre
Le jésuites sont chassés de France
Après le Portugal, c'est au tour de la France de supprimer les la Compagnie de Jésus. Un décret de Louis XV dissout l'ordre des Jésuites. En 1767, l'Espagne et ses colonies d'Amérique agiront de la même façon.
- 1765:
- 9 mars
Réhabilitation de Jean Calas
Trois ans exactement après son procès, la famille Calas, soutenue par Voltaire, obtient la réhabilitation de Jean. Soupçonné d’avoir tué son fils, le protestant Jean Calas avait été supplicié et mis à mort sur fond d’intolérance religieuse. Afin de parvenir à la révision du procès, Voltaire avait publié en 1763 l’ouvrage "Traité sur la tolérance à l’occasion de la mort de Jean Calas" tandis que la famille avait obtenu un entretien à Versailles auprès de Louis XV. Le capitoul, c’est-à-dire l’officier municipal de Toulouse, qui avait largement contribué à monter les fausses accusations contre Calas, est destitué.
- 1766: Rousseau achève les Confessions
Jean-Jacques Rousseau achève la rédaction des "Confessions". Il avait débuté trois ans plus tôt cette autobiographie, après la parution du pamphlet « Le sentiment des citoyens ». Publié anonymement, ce texte de Voltaire attaquait violemment Rousseau, notamment à propos de l’abandon de ses enfants. Ce dernier y répond en se mettant à nu dans « une entreprise qui n’eut jamais d’exemple et dont l’exécution n’aura point d’imitateur ». Le texte, avant de devenir une référence de la littérature française, n’aura aucun écho lors des lectures que Rousseau en fera et ne serat publié qu’à titre posthume.
- 23 février
La Lorraine est rattachée à la France
L'ancien roi de Pologne et beau-père de Louis XV, Stanislas Leszczynski, meurt dans un incendie à Lunéville, à 87 ans. Conformément aux traités signés avec le roi de France, ses possessions de Lorraine et de Bar deviennent françaises. Stanislas Leszczynski avait obtenu les duchés de Lorraine et de Bar en viager.
- 1 juillet
Le Chevalier de la Barre est exécuté
Le chevalier de La Barre a le poing coupé, la langue arrachée avant de se faire décapiter et d’être jeté au bûcher. Il paye ainsi un blasphème qui a consisté en une mutilation de crucifix, acte qu’il n’a d’ailleurs certainement pas commis. En effet, le jeune homme de dix-neuf ans possédait ce jour là un solide alibi. Mais les preuves sont ailleurs : il ne s’est pas dévêtu la tête au passage d’une procession et possède trois ouvrages interdits, dont le "Dictionnaire philosophique" de Voltaire. Ce dernier, comme l’ensemble des Lumières, dénoncera cette accusation, au point qu’il devra fuir pour échapper à une arrestation. Son ouvrage brûlera d’ailleurs avec le chevalier sur le bûcher. Symbole de l’intolérance religieuse et de la défaillance de la justice du XVIIIème siècle, cette affaire est l’un des dernier procès pour blasphème en France. La Révolution approche et elle réhabilitera de La Barre en 1793.
- 5 décembre
Départ de Bougainville pour un tour du monde
Le comte Louis-Antoine de Bougainville prend le commandement d'une expédition autour du monde. Le départ est donné depuis la rade de Brest. Le gouvernement de Louis XV charge sa flotte, composée de deux frégates royales "La Boudeuse" et "l'Etoile", de restituer officiellement la colonie des îles Malouines (îles Falklands) au gouvernement espagnol. Le 6 avril 1768 il arrivera à Tahiti et procèdera à l'observation scientifique de la Polynésie.
- 1768:
- 6 avril
Bougainville débarque à Tahiti
Parti de Brest en 1766 à la tête d'une mission diplomatique et scientifique, le navigateur français Louis-Antoine de Bougainville débarque à Tahiti. Il prend possession de l'île au nom du roi de France, Louis XV.
- 1769:
- 9 mai
La bataille de Ponte-Novo
Les indépendantistes corses sont défaits par l'armée française à Ponte-Novo (Haute-Corse). C'est la fin d'une guerre de 40 ans qui a mis aux prises le peuple corse, mené par Pascal Paoli, avec la République de Gênes puis le Royaume de France. En 1796, le général Napoléon Bonaparte, réprimera la tentative de sécession de Pascal Paoli allié aux Anglais. Depuis, la Corse est restée française.
- 1770 : Le ministre Maupeou essaie de renforcer l'autorité du roi : il élimine le Parlement et rend le pouvoir de décision à Louis XV (" Je ne changerai jamais "). Période réactionnaire et absolutiste : les parlements protestent et font des grèves de résistance. Les avantages personnels et les abus de pouvoir enragent de plus en plus en plus le peuple. Louis XV le Bien-aimé est détesté.
- 16 mai
Louis XVI épouse Marie-Antoinette
Marie-Antoinette, fille de l'empereur François Ier de Lorraine et de Marie-Thérèse d'Autriche, et le dauphin Louis, petit-fils de Louis XV, se marient à Versailles. Ils ont respectivement 14 et 16 ans. Le ministre Choiseul espère ainsi resserrer l'alliance avec l'Autriche et contenir l'agressivité de la Prusse et de l'Angleterre. Mais, les rancœurs anti-autrichiennes reprendront le dessus et Marie-Antoinette sera vite surnommée de manière péjorative l'"Autrichienne". Les deux époux, victimes de la Révolution, seront guillotinés en 1793.
- 1774-1787 :Louis XV, surnommé dans sa jeunesse"le Bien-Aimé", meurt à 69 ans de la petite vérole à Versailles, au milieu de l'indifférence générale. Louis XVI arrive au pouvoir (il a vingt ans ; il est simple et timide). Il est dominé par son épouse, Marie-Antoinette, et par les nobles privilégiés. Le nouveau Roi choisit de bons ministres qui développent le pays et son économie. Le projet d'établir l'égalité devant l'impôt provoque de vives réactions chez les nobles. Le ministre Turgot, qui veut appliquer un programme d'économies, est renvoyé. Les privilégiés font sauter le ministre des finances Necker qui avait fait connaître les dépenses publiques et les privilèges : Necker devient très populaire dans le peuple. Le ministre Calonne est aussi renvoyé lorsqu'il parle de taxer les privilégiés. Le Roi cède aux revendications des nobles et la Bourgeoisie, consciente de l'injustice, profite de ce moment pour revendiquer leurs droits. Toute la dynamique engendré par ces événements provoquera la Révolution française (1789-1799).
- 1775:
- 23 février
Première représentation du "Barbier de Séville"
Pierre Augustin Caron de Beaumarchais présente sa pièce "le Barbier de Séville"pour la première fois sur les planches de la Salle des Spectacles des Tuileries. Après maintes et maintes modifications ordonnées par la censure, elle remporte un important succès auprès du public. Beaumarchais apportera une suite à son œuvre dans "le Mariage de Figaro" (1784) puis dans "la Mère coupable" (1792).
- 1776-1781 Guerre d'indépendance américaine. Paradoxalement, le redressement militaire et diplomatique de la France survient au moment où la monarchie semble s’enliser dans des difficultés intérieures graves. Ce relèvement diplomatique accélère la crise intérieure dans la mesure où les fortes dépenses entraînées par la guerre viennent s’ajourter à la dette. D’Amérique, enfin, souffle un vent libéral : de grands textes constitutionnels où il est question de liberté, de droits, de souverainté du peuple, de la limitation et de la séparation des pouvoirs
circulent dans les milieux éclairés.
- 1777:
- 17 décembre
La France reconnaît l'indépendance de l'Amérique
Louis XVI reconnaît l'indépendance des colonies britanniques d'Amérique. Il signera deux traités le 6 février 1778: un traité d'amitié et de commerce et un traité d'alliance des 2 nations en cas de déclaration de guerre du Royaume-Uni à la France.
- 1783 : Les États-Unis deviennent indépendants, grâce à l'intervention de l'armée française ( La Fayette).
- 1785:
- 1 août
La Pérouse embarque pour un tour du monde
Chargé par Louis XVI d’une expédition autour du monde, La Pérouse apprête le navire la Boussole. Il part donc de Brest, accompagné de son équipage et de celui de l’Astrolable, seconde frégate commandée par Fleuriot de Langle. Passant par le cap Horn, il atteindra l’île de Pâques, l’Alaska, Hawaii, Macao, les Philippines, le Japon, Kamtchatka, les Samoa puis les îles Tonga. Au cours de son périple, il découvrira l’île Necker (1786) puis donne son nom au détroit situé entre l’île Sakhaline et l’île Hokkaido. La Pérouse disparaîtra en 1788 et sa trace ne sera découverte qu’en 1826 par Dillon, puis en 1828 par Dumont d'Urville.
- 1786:
- 31 mai
L'affaire du collier de la reine devant les juges
La justice innocente le cardinal de Rohan mais condamne la comtesse de la Motte à la flagellation et la séquestration à vie. Quant au comte de Balsamo, escroc notoire qui avait pris le nom de comte de Cagliostro, il est banni de France. Jouant sur le mécontentement de la reine Marie-Antoinette vis-à-vis du cardinal de Rohan, la Motte et Balsamo était parvenus à extorquer 1.6 million de livres à ce dernier. Le cardinal croyait se racheter auprès de la reine en prêtant de l’argent pour un collier de diamants. Au vu des comptes de la royauté, elle ne pouvait en effet se permettre un tel caprice publiquement. L’escroquerie ne fut découverte que lorsque le cardinal demanda l’argent à la reine. Etrangère à cette affaire, Marie-Antoinette fut cependant sévèrement jugée par l’opinion tandis que le discrédit frappait à nouveau la monarchie.
- 1788:
- 8 août
Louis XVI convoque les états généraux
L'impossibilité de la monarchie à faire face à la crise financière, amène Louis XVI à convoquer les états généraux. Ceux-ci n'avaient pas été réunis depuis 1614. Sous la pression de l'opinion publique, le roi accepte le doublement des représentants du tiers état. Les 1 150 députés des trois ordres se réuniront à Versailles en mai 1789 et, bien qu'ils n'aient pas les mêmes objectifs, ils parviendront à former la première Assemblée nationale.
- 1789 : Révolution française est l'ensemble des événements qui, de la transformation des Etats généraux en Assemblée nationale constituante (1789) au coup d'Etat du 18 Brumaire an VIII (1799), mirent fin à l'Ancien Régime en France et bouleversèrent l'ensemble de ses structures sociales, politiques, juridiques et religieuses...
Louis XVI, qui règne depuis la mort de Louis XV, en 1774, ne possède pas l'énergie de son aïeul; il abandonne les réformes de fond que celui-ci avait commencé à mettre en oeuvre, après 1770, avec ses ministres Maupeou, Terray et d'Aiguillon. Louis XVI n'a pas de ligne politique ferme, et sa personnalité est en outre gravement mise en cause par l'opinion. Roi cultivé mais maladroit et renfermé, il a peu de contacts avec ses sujets. Son mariage, qui n'est pas consommé pendant plusieurs années, a été rapidement l'objet de plaisanteries graveleuses, dont il fait les frais; la reine Marie-Antoinette est devenue un sujet de scandales, colportés dans tout le pays à travers des récits débridés publiés dans des opuscules licencieux. Les frères du roi ne jouissent pas d'une meilleure image.
À la suite d'une crise financière, Louis XVI convoque les États généraux (les représentants du peuple, de la noblesse et du clergé) pour trouver une solution. En quelques semaines, cependant, le souverain perd le contrôle de cette assemblée où les notables, issus de la bourgeoisie, dominent les nobles et les représentants du clergé.
- 5 mai 1789:
Ouverture des états généraux
Alors que les caisses du royaume sont vides, Louis XVI se résout à convoquer les états généraux à Versailles. Selon le contrôleur général des Finances, Loménie de Brienne, seule une assemblée des délégués de tout le pays peut imposer des réformes (modifier l'assiette de l'impôt) aux privilégiés et au Parlement. A la différence des précédents états généraux de 1614, le nombre de représentants du tiers état est doublé. Les députés formeront une "Assemblée nationale" et commenceront à remettre en cause les institutions monarchiques.
- 17 juin 1789 : Le tiers État (le peuple) crée une Assemblée nationale. Sur l'ordre du Roi, la noblesse se joint à cette assemblée. Elle décide par 490 voix contre 90 de constituer une Assemblée nationale. Elle menace de suspendre la collecte des impôts au cas où on l'empêcherait de mener à bien sa mission de représentation et dénie au roi le droit de veto sur ses décisions. Le 19 juin, le clergé rejoindra cette Assemblée. Le 9 juillet, l'Assemblée sera déclarée "constituante".
- 23 juin 1789: "Nous ne sortirons que par la force des baïonnettes"
Au cours d'une séance des Etats généraux ouverte le 4 mai 1789, le marquis de Dreux-Brézé, grand maître des cérémonies du roi, veut faire sortir le tiers-état de la salle. Le comte de Mirabeau, député du tiers état d'Aix-en-Provence, lui rétorque : "Allez dire au roi que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes". Mirabeau s'impose dès lors comme l'un des principaux orateurs du tiers état, puis de l'Assemblée nationale.
- 27 juin 1789: Louis XVI plie devant les tiers état
Louis XVI invite les deux ordres privilégiés, le clergé et la noblesse, à se joindre à l'Assemblée nationale. Quatre jours plus tôt, il avait demandé aux trois ordres de délibérer séparément et il avait cassé toutes les décisions fiscales du tiers-état. Celui-ci avait alors été rejoint par la majorité des députés du clergé et une cinquantaine de députés de la noblesse menés par le duc d'Orléans. Louis XVI, n'osant recourir à la force, se soumet en enjoignant les députés récalcitrants de se joindre à la nouvelle Assemblée.
- 9 juillet 1789 : L'Assemblée devient Constituante (prépare la Constitution) et enlève tout pouvoir à Louis XVI : le roi de France devient roi des Français. Manifestations populaires pour protester contre l'armée qui encercle Paris.
- 11 juillet 1789 : Louis XVI renvoie Necker
Le baron de Necker, directeur général des finances, est limogé par le roi de France qui le juge trop libéral. Il est aussitôt remplacé par Breteuil. La décision royale provoque une insurrection dans la capitale car Necker est fortement apprécié des Français. L'agitation parisienne conduira à la prise de la Bastille le 14 juillet et au rappel de Necker.
- 14 juillet 1789 : À la suite du renvoi de Necker, les Parisiens se révoltent. Prise de la prison de la Bastille, symbole du pouvoir arbitraire et des injustices.
- 4 août 1789 : L'Assemblée proclame l'égalité de tous les Français. L'Assemblée nationale constituante proclame la fin du régime féodal et de ses privilèges. La prise de la Bastille et les menaces de réaction nobiliaire avaient provoqué des révoltes dans les campagnes. Les paysans s'en étaient pris aux maisons seigneuriales, tout en proclamant leur fidélité au roi. Les députés, inquiets par ses soulèvements, décident d'abolir les restes de féodalités : corvée, dîme, juridiction seigneuriale, etc. L'Assemblée se prépare alors à rédiger une grande Déclaration des droits.
- 24 août 1789: La liberté de la presse
L'article 11 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen affirme : "la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement (...)". La presse ne sera pleinement libre qu'entre 1789 et 1792. Ensuite, elle sera contrôlée par le gouvernement. Il faudra attendre la loi du 29 juillet 1881 pour que soit garantit l'indépendance des médias.
- 26 août 1789 : Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. L'article 1 proclame : "les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit". Puis le texte définit les droits naturels et imprescriptibles de l'homme : liberté, propriété, sûreté, résistance à l'oppression. Avec cette Déclaration, la liberté n'a d'autre limite que celle des intérêts d'autrui.On réfléchit d'autre part à une nouvelle Constitution. La Constituante confisque les biens de l'Église.
La Constitution définit un système de monarchie constitutionnelle et sépare les pouvoirs. Louis XVI n'a qu'un veto provisoire.
- 12 septembre 1789: Premier numéro de " l’Ami du peuple "
Le révolutionnaire Jean-Paul Marat fonde le journal « l’Ami du peuple ». Ces quelques pages sont particulièrement polémiques vis-à-vis du gouvernement français. Ses idées radicales encouragent souvent le recours à la violence. Beaucoup lui reprocheront, plus tard, d’être responsable de l’exécution des Girondins. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il sera assassiné. Son journal disparaîtra avec lui.
- 5 octobre 1789: Les parisiennes réclament du pain
Quelques milliers de femmes se rendent au château de Versailles en fin d'après-midi. Lassées de la disette et du coût de la vie trop élevé, elles exigent des changements de la part du roi Louis XVI. Dans la nuit du 5 au 6 octobre, il accepte les décrets qu'il avait refusés jusqu'alors. Les parisiens veulent ramener la famille royale à Paris et ils envahissent le château. Le roi et la reine contraints d'obtempérer, s'installeront dans le Palais des Tuileries où ils deviendront prisonniers des Français.
- 1 novembre 1789: Talleyrand propose la confiscation des biens du Clergé
Elu comme député du clergé aux Etats généraux et nommé membre du comité de constitution de l'Assemblée Nationale, Talleyrand participe à la rédaction de la Constitution. Le 4 novembre, il suggère la confiscation des biens du clergé pour améliorer l’état des finances de la nation. Il joue un rôle important dans sa mise en place. Il prête serment à la Constitution Civile du Clergé puis démissionne de son poste d'évêque en 1791.
- 28 novembre 1789: Le docteur Joseph Guillotin présente aux députés de l'Assemblée Constituante une nouvelle machine servant à exécuter les condamnés à mort. L'engin, mis au point en collaboration avec le chirurgien Antoine Louis, est selon ses inventeurs le moyen "le plus sûr, le plus rapide e le moins barbare." Il sera d'abord appelé 'Louison" ou "Louisette" mais très vite les parlementaires et les journalistes lui donneront le nom de "guillotine"en souvenir du nom de son créateur. Le peuple surnommera la machine: "la veuve". La première exécution aura lieu le 25 avril 1792, elle s'appliquera à un bandit de grand chemin. La guillotine fonctionnera jusqu'en 1977.
- 30 novembre 1789: La Corse devient française
A l'Assemblé Constituante, le député corse Antoine-Christophe Salicetti déclare: " La Corse fait partie intégrante de l'empire français". L'île qui était jusqu'alors une province autonome, est rattachée à la France. En 1790, la Corse deviendra un département.
- 24 décembre 1789: Amélioration du droit au travail
L'Assemblée adopte un nouveau décret reconnaissant les non-catholiques (les protestants) et les comédiens aptes à tous les emplois civils et militaires. Le texte leur accorde également le droit de vote et d'éligibilité. Les juifs ne bénéficient pas de ces améliorations et restent soumis à des restrictions en matière d'égalité d'emploi.
- 1790 Constitution civile du clergé. Révolte des Noirs de Saint-Domingue.
- 1790: 15 janvier
Création de 80 départements carrés
Un décret de l'Assemblée Constituante fixe à 83 le nombre de départements. Cette nouvelle division du royaume vient remplacer les 34 généralités ou provinces en vigueur sous l'Ancien Régime. La taille des départements est définie de telle façon que chaque citoyen peut se rendre à son chef-lieu en une journée de cheval au maximum. Les députés projetaient en premier lieu d'établir des circonscriptions géométriques à l'image des Etats américains, mais l'idée sera abandonnée et les limites des départements seront fixées selon celles des anciennes provinces.
- 1790: 26 février
Création de 83 départements français
L'Assemblée Constituante vote un décret récapitulant les noms et les limites des départements. Il est décidé que la France sera divisée en 83 départements et que le chef-lieu de chacun d'entre eux se situera en leur milieu afin qu'il soit accessible à tous les habitants.
- 1790: 24 octobre
La France adopte le drapeau tricolore
L'assemblée constituante décrète officiellement le drapeau tricolore, drapeau français, en substitution au drapeau blanc. Le drapeau tricolore apparaît dans la toute jeune république française. Il est largement inspiré par la cocarde que les révolutionnaires arborent depuis 1789. Il reprend le bleu et le rouge, couleurs de la ville de Paris, et le blanc, couleur royale.
- 1790 : 27 novembre
Le clergé français doit fidélité à la nation et au roi
L’Assemblée Constituante vote l’adoption d’un décret réformant le statut du clergé. Chacun de ses membres devra dorénavant porter serment de fidélité à la nation, à la loi et au roi. Un refus de leur part engendrera leur révocation. L’Assemblée avait déjà décidé de l’élection des évêques et des curés par tous. Le pape condamnera ces lois tandis qu’environ 45% des ecclésiastiques refuseront de s’y plier.
- 1791: 2 mars
Décret d'Allarde
Le décret d’Allarde supprime les corporations, introduisant un changement radical dans l’économie et l’organisation du travail. Les corporations étaient des regroupements de personnes exerçant le même métier. Cette structure née au Moyen-Âge permettait à un corps de métiers d’exercer un monopole par secteur, souvent par ville, et d’avoir un certain poids politique. Mais elle subissait depuis le début du siècle la concurrence avec un modèle industriel capitaliste reposant sur la libre concurrence. Renforcée par la loi Le Chapelier, ce décret permet ainsi de modifier l’économie ainsi que le statut de l’employé. Mais la loi Le Chapelier sera aussi l’occasion d’interdire le droit de grève.
- 1791: 14 juin
Promulgation de la loi Le Chapelier
La loi Le Chapelier vient renforcer le décret d’Allarde et interdit la formation de tout groupement professionnel. Orienté à l’origine contre les corporations afin de renforcer la liberté d’entreprendre, son extension à toutes les formes de rassemblements de professionnels met fin à toute possibilité de syndicats ou de grève. Elle signe aussi la fin des rassemblements paysans.
- 20 juin 1791 : La Nuit de Varennes : Louis XVI s'enfuit. Mais le cortège royal est reconnu à Sainte-Menehould par le maître de poste Drouet qui donne l'alerte. La famille est ramenée à Paris. Le peuple se sentira trahi par la fuite du roi. L'Assemblée suspendra le roi provisoirement. Pour freiner la montée des Républicains, elle tentera de faire passer la fuite royale pour un enlèvement organisé par les contre-révolutionnaires. Mais les événements mèneront à la fusillade du Champ-de-Mars, faisant une cinquantaine de tués parmi la population.
- 1791: 11 juillet
Voltaire au Panthéon
Treize ans après sa mort (30 mai 1778), la dépouille de Voltaire est transférée au Panthéon. Une foule immense accompagne le cortège composé d'acteurs, d'ouvriers, de membres de l'Assemblée nationale, de magistrats, etc. Le clergé ne participe pas à la cérémonie. Après avoir été exposé à la Bastille, symbole de la révolution survenue deux ans auparavant, le cercueil de Voltaire est conduit au Panthéon. L'épitaphe porte ces mots: "Il combattit les athées et les fanatiques. Il inspira la tolérance, il réclama les droits de l'homme contre la servitude de la féodalité. Poète, historien, philosophe, il agrandit l'esprit humain, et lui apprit à être libre."
- 1791: 23 août
Révolte des esclaves à Haïti
Dans la nuit du 22 au 23 août 1791, les esclaves de la colonie française de Saint-Domingue (île d'Haïti dans les Antilles), se soulèvent contre leurs maîtres. La révolte est menée par Boukman, un prêtre vaudou. C'est le début d'une guerre qui aboutira à l'indépendance d'Haïti le 1er janvier 1804. L'UNESCO fera du 23 août "la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition".
- 1791: 16 septembre
Annexion d'Avignon
L'Assemblée constituante vote la réunion à la France d'Avignon et du Comtat venaissin. La "ville des Papes", industrielle et marchande, avait choisi dès les premiers évènements de la révolution française de s'opposer à la papauté, contrairement aux autres cités du Comtat, plus rurales et plus conservatrices. Le décret du 14 septembre met un terme au débat.
- 1791: 28 septembre
Loi sur l'émancipation des juifs en France
La loi attribue aux juifs de France la statut de citoyen au même titre que les autres. Il seront désormais considérés comme français avant tout et pourront librement s'intégrer dans la société. Depuis l'avènement des idées humanistes développées au cours du "siècle des Lumières", la condition des juifs s'était considérablement améliorée. Le port de la rouelle, une pièce de tissu ronde qu'ils devaient porter pour se distinguer, a été aboli à la même époque.
- septembre 1791 : Les modérés remportent les élections. Louis XVI est réinstitué.
- janvier 1792 : L'Assemblée adresse un ultimatum aux armées étrangères qui s'apprêtent à aider Louis. Louis s'oppose.
- 20 avril 1792 : Louis XVI déclare la guerre à l'Autriche (son neveu), en espérant être sauvé. Au début, à la joie des contre-révolutionnaires, les armées françaises reculent. Mais, un élan patriotique imprévu se manifeste, scellant l'alliance du peuple en armes et de la Révolution et provoquant la chute de la royauté. Louis XVI sera condamné pour trahison politique et exécuté le 21 janvier 1793.
- 1792: 20 juin
Les sans-culottes aux Tuileries
A l'initiative de Santerre, un brasseur du faubourg Saint-Antoine, les Parisiens marchent sur le palais des Tuileries le jour de l'anniversaire du serment du Jeu de paume. Ils veulent que le roi retire son veto aux décrets pour la déportation des prêtres réfractaires et la création d'un camp de gardes nationaux. Le roi coiffe le bonnet rouge et boit à la santé de la Nation mais ne cède pas. Les Parisiens reviendront un mois plus tard avec plusieurs bataillons de fédérés et prendront d'assaut le palais des Tuileries.
- 1792: 30 juillet
Les Marseillais entrent à Paris en chantant
Les volontaires Marseillais de l'armée révolutionnaire entrent à Paris en chantant le "Chant de guerre pour l'armée du Rhin". La chanson, vite rebaptisée "Marseillaise", a été composée par l'officier Claude Joseph Rouget de Lisle quelques mois plus tôt. Son succès sera tel, qu'elle sera agréée par le ministère de la guerre et deviendra "chant national" en 1795. Elle sera proclamée hymne national de la République française en 1879.
- 1792 10 août
Abolition de la monarchie française
Les insurgés parisiens donnent l'assaut au palais des Tuileries. Le roi est accusé de trahison et rendu responsable de la désorganisation de l'armée. Dans un manifeste publié en France le 1er août, le duc de Brunswick, chef de l'armée prussienne, menace de détruire Paris s'il est attenté à la vie de la famille royale. Furieux et convaincus de la trahison du roi, les sans-culottes marchent alors sur les Tuileries, massacrent les gardes suisses, pillent le palais, contraignant le roi à se réfugier auprès de l'Assemblée. La monarchie tombe et la famille royale est conduite à la prison du Temple.
- 1792: 20 septembre
Bataille de Valmy
L'armée française emmenée par les généraux Dumouriez et Kellermann l'emporte face aux Prussiens du duc de Brunswick. Cette victoire surprise donne un coup d'arrêt à l'invasion de la France révolutionnaire par les puissances monarchistes. Depuis l'emprisonnement de Louis XVI, en août 1792, les Prussiens avaient envahi l'Est de la France sans difficultés. Valmy est la première victoire militaire de la république. Goethe qui assista à la canonnade en dit alors : "D'aujourd'hui et de ce lieu date une ère nouvelle dans l'histoire du monde.
- 1792: 20 septembre
Première loi française sur le divorce
L'Assemblée législative vote le divorce. La nouvelle loi a un impact très fort sur la population. A partir de l'an VII (fin 1798 et 1799), un mariage sur trois est dissout à Paris. Auparavant, le mariage était un sacrement indissoluble qui relevait de l'église. Pourtant le divorce existait déjà à l'époque romaine mais il avait disparu peu à peu sous l'influence des juridictions ecclésiastiques. La nouvelle loi sera abolie en 1816 sous Louis XVIII, puis rétablie en 1884.
- 1792: 22 septembre
Abolition de la Monarchie
Dès sa première séance, la Convention, qui exerce le pouvoir législatif, abolit la royauté après les interventions de Collot d'Herbois et de l'abbé Grégoire qui déclare : "Les rois sont dans l'ordre moral ce que les monstres sont dans l'ordre physique. Les cours sont l'atelier du crime, le foyer de la corruption et la tanière des tyrans. L'histoire des rois est le martyrologe des nations". Le lendemain, l'An I de la République est proclamé.
- 1792: 6 novembre
Bataille de Jemmapes
L'armée révolutionnaire Française, constituée de 40 000 volontaires, remporte une éclatante victoire contre l'Autriche en Belgique. Le Duc de Saxe-Tesch doit évacuer le pays et le général Dumouriez en prend possession pour la France.
- 21 janvier 1793 : Louis XVI est condamné (par 708 voix sur 719) et guillotiné en public.
- 1793: 23 février
La Convention décide la conscription de 300 000 hommes
Après la défaite de Neerwinden et la perte de la Belgique, l’armée révolutionnaire semble marquer le pas. Paris reste loin des armées autrichiennes ou prussiennes, mais la France risque de perdre confiance et ne souhaite guère laisser un avantage psychologique à ses adversaires, d’autant plus qu’un débarquement anglais est toujours à craindre. Les Girondins, à la tête de la Convention, décident donc de réagir en renforçant les effectifs de l’armée : 300 000 hommes devront rejoindre les rangs à partir du mois de mars. Dans un contexte économique qui reste précaire, cette conscription massive n’est pas du goût de tous. Ainsi, plusieurs régions vont réagir vivement et des foyers insurrectionnels vont fleurir, comme à Lyon. Mais surtout, cette conscription va être l'élément déclencheur de la Guerre de Vendée.
- 1793: 10 mars
Création du Tribunal révolutionnaire
La Convention met en place le Tribunal criminel extraordinaire communément appelé "Tribunal révolutionnaire". Les jurés sont choisis en nombre égal dans tous les départements. Le tribunal dépend directement de l'accusateur public, Fouquier-Tinville, qui décide si les suspects doivent être traduits ou non en justice. Ses sentences seront souvent radicales : l'acquittement ou la guillotine. Le but de cette cour de justice est selon les révolutionnaires de lutter contre "toute entreprise contre-révolutionnaire, tout attentat contre la liberté, tout complot royaliste." En faisant allusion à la période de troubles et de massacres que vit la France, Danton déclare : "Soyons terribles pour dispenser le peuple de l'être." Le tribunal révolutionnaire fonctionnera à plein régime jusqu'au 31 mai 1795, date à laquelle il sera définitivement supprimé.
- 1793: 14 mars
Cholet aux mains des Vendéens
Quelques jours seulement après le début de la rébellion des paysans vendéens qui refusaient la conscription, ceux-ci sont parvenus à s’organiser et à se trouver un chef en la personne de Jacques Cathelineau, simple colporteur et sacristain de Pin en Mauges. Avec ce chef à son image, l’armée paysanne parvient à s’emparer de Cholet. Rapidement, ils progressent vers Chalonnes-sur-Loire (au sud d’Angers) puis Thouars. La Guerre de Vendée commence ainsi par une succession de victoires des "Blancs".
- 1793: 18 mars
La bataille de Neerwinden
Le général français Dumouriez essuie une cuisante défaite à Neerwinden. Attaquée par Frédéric de Saxe-Cobourg, duc autrichien, l’armée française sera contrainte de quitter le territoire. La victoire française à Jemmapes n’est plus qu’un ancien souvenir mais la France reprendra possession de la Belgique au cours de la bataille de Fleurus, en 1794.
- 1793: 31 mai
Les Girondins renversés par les Montagnards
A l'appel de Robespierre, des sans-culottes parisiens guidés par Varlet et Roux, chef de fil des Enragés, encerclent la Convention et réclament la mise en accusation des députés de la Gironde qui gouvernent le pays. Ils leur reprochent leur incapacité à faire face à l'invasion étrangère et les soupçonnent de préparer le retour de la monarchie. Le 2 juin, les 25 députés girondins seront arrêtés et envoyés à la guillotine. A la faveur de ce Coup d'Etat parisien, les députés de la Montagne prendront le pouvoir et installeront la Grande Terreur.
- 1793: 9 juin
Les Vendéens prennent Saumur
L’armée Vendéenne s’empare de Saumur et décide alors de traverser la Loire. Jusqu’ici, la progression des "Blancs" avait eu pour limite nord le fleuve tandis qu’elle avait progressé au sud jusqu’à Fontenay-le-Comte. Les chefs hésitent alors : doivent-ils remonter la Loire jusqu’à Tours puis marcher sur Paris, ou doivent-ils étendre leur contrôle sur l’Ouest. Jugée plus raisonnable, la décision de marcher sur Nantes est prise. Angers tombera sans poser trop de difficultés, mais Nantes résistera fermement aux Vendéens.
- 1793: 29 juin
Nantes résiste à l'insurrection vendéenne
Après s’être emparée d’Angers, l’armée Vendéenne de Cathelineau parvient aux portes de Nantes. Mais la ville s’est préparée et attend les insurgés de pied ferme : la population a fait le choix de se défendre. Ainsi, 12 000 hommes sont prêts à résister aux 30 000 soldats des colonnes vendéennes, réparties au nord et au sud de la ville. La meilleure organisation des Nantais comble largement leur infériorité numérique et contraint les Blancs à abandonner la bataille et à se replier. Cathelineau, blessé dans la bataille, meurt dans les jours suivants. La progression des Vendéens marque une pause et, tandis que Paris prend conscience de l’ampleur de la menace, c’est en fait le tournant de la guerre. La Convention, désormais sous les ordres de Robespierre, s’apprête à réagir vivement.
- 1793: 13 juillet
Assassinat de Marat
Charlotte Corday qui fréquente les milieux Girondins de Caen, se rend à Paris et obtient une entrevue avec le conventionnel Jean-Paul Marat. Le Montagnard la reçoit dans son bain. Pour la jeune femme, Marat est le principal responsable de l'élimination des Girondins et de l'instauration de "la Terreur" en France. Elle le poignarde dans sa baignoire. "L'Ami du peuple" expirera quelques heures plus tard. Charlotte Corday sera arrêtée et condamnée à mort par le Tribunal révolutionnaire.
- 1793: 1 août
Le Comité de salut public crée l'armée de l'ouest
Face à la menace Vendéenne, le Comité de salut public décide de réagir en rassemblant des troupes : c’est l’armée de l’ouest. Sous les ordres de Kléber, celle-ci inclue notamment l’armée de Mayence, vaincue au mois de juillet. Cet envoi massif de troupes sera, dans un premier temps, fortement bousculé par les "Blancs" de l’armée catholique et royale, mais les "Bleus" reprendront le dessus dès leur victoire à Cholet le 17 octobre et mettront rapidement fin à l’avancée des colonnes vendéennes.
- 1793: 17 septembre
La Terreur vote la "Loi des suspects"
Suite à l'instauration de la Terreur le 5 septembre, les Montagnards mettent en place un système visant à arrêter le maximum de contre-révolutionnaires. Cette loi leur permet de rendre les procédures judiciaires plus expéditives et d'élargir les catégories de crimes contre-révolutionnaires. Sont ainsi désignés "suspects", "ceux qui par leur conduite, leurs relations, leurs propos ou leurs écrits se sont montrés partisans de la tyrannie, du fédéralisme et ennemis de la liberté ; ceux qui ne pourront justifier de leurs moyens d'existence et de l'acquit de leurs devoirs civiques ; ceux qui n'auront pu obtenir de certificat de civisme ; les ci-devant nobles qui n'ont pas constamment manifesté leur attachement à la Révolution, les émigrés, même s'ils sont rentrés, les prévenus de délits, même acquittés (...)". L'application de ce texte prendra fin après la chute de Robespierre le 9 thermidor an II (27 juillet 1794).
- 1793: 10 octobre
Saint-Just déclare la Convention
La Convention provisoire vote un décret selon lequel "le gouvernement de la France sera révolutionnaire jusqu'à la paix". A l'instigation de Louis-Antoine Saint-Just, âgé de 27 ans, cette loi accentue la Terreur inaugurée par les massacres de septembre 1792. Accusé de corruption et de laxisme, le conseil exécutif est placé sous la surveillance de la Convention selon le principe révolutionnaire 'Il est impossible que les lois révolutionnaires soient exécutées si le gouvernement lui-même n'est constitué révolutionnairement".
- 1793: 16 octobre
Marie-Antoinette est guillotinée
Après un procès expéditif entamé le 14 octobre, la reine déchue Marie-Antoinette est exécutée place de la Révolution à Paris. C’est avec courage et dignité qu’elle monte sur l’échafaud, laissant derrière elle son fils et sa fille. Elle est condamnée à la guillotine pour trahison. Emprisonnée depuis l’été 1792, elle meurt moins d’un an après l’exécution de son époux, Louis XVI.
- 1793: 17 octobre
Les Vendéens perdent Cholet
Sept mois après leur première victoire de taille, les Vendéens essuient une défaite de même ampleur et dans la même ville : Cholet. Au cœur du berceau de la révolte, Cholet est reprise par l’armée républicaine supérieure en nombre. Les 30 000 Vendéens fuient la ville pour traverser la Loire (à une quarantaine de kilomètres au nord de Cholet), accompagnés de leurs femmes et enfants. Ainsi, dans la soirée et la nuit du 18 au 19 octobre, ce sont entre 60 000 et 100 000 personnes qui traversent le fleuve pour prendre la direction de la Bretagne. C’est le début de la virée de Galerne, nom celte d’un vent du nord-ouest. L’objectif des « Blancs » est de rejoindre les Chouans et d’atteindre Granville via Laval. Ils espèrent en effet un débarquement anglais dans le port Normand.
- 1793: 30 octobre
Interdiction des clubs féminins.
Les femmes n'ayant aucun droit politique, la Convention leur interdit de se réunir en club. L'assemblée craint que ces regroupements ne soient des réunions politiques.
- 1793: 6 novembre
Philippe-Egalité meurt sur l'échafaud
Louis-Philippe Joseph d'Orléans, dit Philippe-Egalité, est guillotiné à Paris. Il est accusé de vouloir restaurer la monarchie. Fervant révolutionnaire, le Duc d'Orléans est cousin de Louis XVI. Lors du procès du roi de France il n'avait pas hésité à voter sa mort. En 1792 il décida de prendre le nom de Phillippe-Egalité. Mais la Convention ne le jugeant pas digne de confiance le fait incarcérer à Marseille au mois d'avril. Son fils deviendra roi de France en 1830 sous le nom de Louis-Philippe Ier.
- 1793: 10 novembre
Notre Dame de Paris temple de la Raison
Après avoir subi le vandalisme de la Révolution, Notre-Dame de Paris se découvre une nouvelle vocation : temple de la Raison. La Commune de Paris décide ainsi de faire participer la cathédrale de la ville à la nouvelle religion : le culte de l’Etre suprême. Instaurée par les déistes pour surplomber et incarner la République et ses valeurs, cette nouvelle religion investit de nombreux édifices tandis que la Convention a pour ambition de la substituer définitivement au culte catholique.
- 1793: 24 novembre
La publication du calendrier révolutionnaire
La Convention publie le calendrier républicain. Le 22 septembre 1792, au lendemain de l'abolition de la royauté, les députés décident que les actes du gouvernement seront désormais datés de "l'An 1 de la République". Le 5 octobre 1793, les députés votent l'abolition du calendrier grégorien, hérité de Jules César et modifié par le pape Grégoire XIII en 1582. Les semaines deviennent des décades, les mois ont tous 30 jours et le poète Fabre d'Églantine renomme les mois et les jours. Napoléon Ier l'abolira le 9 septembre 1805 et le calendrier grégorien reprendra le 1er janvier 1806.
- 1793: 13 décembre
L'armée vendéenne décimée au Mans
Après un échec une semaine plus tôt à Angers, l’armé vendéenne se dirige vers Le Mans. Forte de sa victoire à Angers, l’armée républicaine fait converger une partie de ses troupes, bien supérieures en nombre, vers la cité mancelle. L’affrontement s’avère très violent et se conclut par une victoire républicaine. Les Blancs sont décimés : la moitié de leurs hommes seulement survivent à la bataille et s’orientent finalement vers le sud, pour retraverser la Loire. Après quelques victoires, notamment à Laval, la virée de Galerne est un cuisant échec pour l’armée catholique et royale.
- 1793: 23 décembre
La virée de Galerne prend fin à Savenay
Après la défaite au Mans, les 15 à 20 000 personnes qui restent de la virée de Galerne tentent de rentrer au pays. Pour cela, ils doivent traverser la Loire. C’est ce qu’ils commencent à faire à Savenay, à proximité de Nantes, lorsque l’armée républicaine les rattrape. Les hommes commandés par Kléber, Marceau et Westermann maîtrisent totalement la situation et ont pour mission de décimer les contre-révolutionnaires. Seulement 4 000 personnes parviennent à s’échapper alors que près de 15 000 corps vendéens joncheront Savenay et les bois environnants. La Guerre de Vendée n’est pas terminée, mais l’épisode des grands combats prend fin. L'épisode suivant sera particulièrement violent, fait de l'affrontement des colonnes infernales de Turreau aux troupes de Charrette et de Stofflet.
- 1794 : Les modérés s'unissent et font exécuter Robespierre. C'est le début d'une série de coups d'états (royalistes, ultras...) et de représailles. Grande instabilité.
- 1794-1799 longue phase de reflux. La vague révolutionnaire et populaire s’épuise tandis qu’une opposition royaliste réapparaît. D’abord, la "réaction thermidorienne " mène une nouvelle terreur contre les Jacobins ; la Convention conclut la paix avec les insurgés de la Vendée et les autres pays Européens, mais n’arrive pas a rétablir l’ordre économique. Une nouvelle constitution inaugure le Directoire (1795-1799), mais les contrastes sociaux, la situation économique et les tensions politiques augmentent. Le 18 Brumaire de l’an VIII (9 novembre, 1799), un héros militaire, le général Napoléon Bonaparte organise un coup d'État et proclame un nouveau gouvernement, le Consulat. La Révolution est terminée. Rapidement la République est vidée de sa substance
- 1794: 21 janvier
Les colonnes infernales de Turreau fondent sur la Vendée
Après la dislocation de l’armée vendéenne à Savenay, la Convention décide de poursuivre la "pacification" de la Vendée. Le soutien apporté à la contre-révolution par la population ayant été puissant, Robespierre et son gouvernement souhaitent appliquer jusqu’au bout leur résolution du 1er août, prônant des mesures extrêmes pour détruire la rébellion : destruction des récoltes et des villages, exécution des suspects, confiscation du bétail. Turreau va mettre en œuvre avec application cette politique de la terre brûlée. Seules quelques villes d’importance doivent être épargnées, le reste peut être rasé… Pendant près de cinq mois, les colonnes infernales vont multiplier exactions et massacres.
- 1794: 27 janvier
La Convention impose la langue française
Sur une proposition du député Bertrand Barère, la Convention décide que le Français est la langue obligatoire pour tous les documents publics : "Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton, l'émigration et la haine de la République parlent allemand; la contre-révolution parle italien et le fanatisme parle basque. Cassons ces instruments de dommage et d'erreur." Des professeurs de français sont dépêchés en Bretagne, en Alsace, en Corse et aux frontières espagnoles et italiennes.
- 1794: 3 février
La Convention abolit l'esclavage
Sur une proposition des députés René Lavasseur, Delacroix et Danton, l'esclavage est aboli sur tout le territoire de la République Française. A la tribune, les représentants de Saint-Domingue, principale colonie française, sont ovationnés. La loi du 16 pluviôse an II sera transgressée dès 1799 quand la traite reprendra au Sénégal. En 1802, le Premier consul Napoléon Bonaparte rétablira l'esclavage en France. Le commerce des esclaves continuera d'être exercé jusqu'au 27 avril 1848, date à laquelle il sera définitivement aboli cette fois par la IIème République.
- 1794: 15 février
La marine française adopte le drapeau tricolore
Sur une proposition du pasteur André Jeanbon, la Convention Nationale décrète "qu'à compter du 1er prairial an II (20 mai 1794), le pavillon sera formé des trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales posées verticalement." Cette mesure permet d'uniformiser les étendards de la marine française. En 1812, Napoléon Ier étendra cette mesure aux régiments de l'armée de terre. En juillet 1880, le drapeau bleu, blanc, rouge sera définitivement adopté par la IIIème République à tous les corps de l'état.
- 1794: 20 février
L'île Bourbon devient La Réunion
Possession française depuis 1649, l'île Bourbon est rebaptisée par la Convention, 'île de la Réunion. Cette nouvelle dénomination est un hommage aux fédérés marseillais et aux gardes nationaux parisiens qui se sont réunis le 10 août 1792 pour prendre d'assaut le palais des Tuileries et suspendre les pouvoirs du roi Louis XVI. L'île de l'Océan Indien retrouvera son nom d'origine lors de l'occupation anglaise de 1810 à 1815. La IIème République lui rendra définitivement le nom d'île de la Réunion.
- 1794: 5 avril
Danton et Desmoulins à l'échaffaud
Danton, Camille Desmoulins, Hérault de Séchelles et Fabre d'Eglantine sont arrêtés, jugés par un tribunal révolutionnaire puis guillotinés. Robespierre et Saint-Just qui dominent la Convention entendent ainsi chasser les "indulgents" du pouvoir
- 1794: 7 mai
Le culte de l'Etre suprême
La Convention crée par décret une nouvelle religion : le culte de l'Etre suprême. C'est Robespierre, inspiré par les idées des philosophes du XVIIIème siècle, qui fait adopter ce culte. Il y voit un fondement métaphysique des idéaux républicains. Mais la fête de l'Etre suprême mécontente les Montagnards et n'intéresse pas le peuple. Robespierre, à l'origine de la Terreur, sera guillotiné le 24 juillet 1794.
- 1794: 10 juin
La Convention décrète la Terreur
La Terreur, la répression révolutionnaire qui commença avec la création du Tribunal d'exception et des comités de surveillance en mars 1793, se durcit avec la loi du 22 prairial an II. Celle-ci supprime la défense et l'interrogatoire préalable des accusés, ne laissant au tribunal que le choix entre l'acquittement et la mort. En juillet, les députés craignant d'être à leur tour victimes de la Terreur, feront arrêter Robespierre et ses partisans. En octobre 1795, la Convention sera dissoute et laissera place au Directoire.
- 1794: 26 juin
Victoire des Français à Fleurus
Les Français de l'armée du Nord, sous les ordres du général Jourdan remportent une victoire décisive sur les Autrichiens du prince de Saxe-Cobourg à Fleurus. La Belgique s'ouvre ainsi aux armées républicaines. Jourdan fera la jonction avec les armées de Pichegru à Bruxelles deux semaines plus tard. Cette victoire est l'aboutissement du travail de réorganisation de l'armée de Lazare Carnot, membre du Comité de salut public. Elle renforce alors la position du gouvernement.
- 1794: 27 juillet
Fin de la Terreur
A la tribune de la Convention, Maximilien Robespierre se fait huer du haut des gradins aux cris de "A bas le tyran !". Ses opposants lui reprochent d'avoir instauré la loi du 22 prairial (10 juin) qui met en place la "Grande Terreur" et d'avoir organisé un système d'espionnage des députés. La grande majorité des conventionnels rejoint le mouvement. Robespierre "l'Incorruptible" et Saint-Just "l'Archange de la Terreur", Couthon, Robespierre jeune, frère de Maximilien, ainsi qu'une vingtaine d'autres jacobins seront exécutés le lendemain sans avoir été jugés. La Convention fait fermer le club des Jacobins et instaure la République thermidorienne.
- 1795: 20 janvier
Les Français passent les portes d’Amsterdam
Le général français Pichegru entre à Amsterdam avec son armée, dans le but de s’emparer définitivement des Provinces-Unies. Le gel des glaces lui permet de vaincre sans difficulté la flotte hollandaise et d’atteindre ainsi Groningue le mois suivant. La France détient alors la totalité des Provinces-Unies, qui s’ajoute au territoire de la future Belgique. Cette invasion signe la disparition des Provinces-Unies. Cette même année, la République batave sera fondée par les patriotes, qui avaient soutenu les progressions françaises depuis le début. Ces derniers rassemblent les différentes provinces sous une même autorité. Mais la République batave restera sous la domination de Napoléon Bonaparte.
- 1795: 17 février
Traité de la Jaunaye
Passé l’épisode des colonnes infernales de Turreau, incarnation de la Terreur Robespierriste, la Vendée a retrouvé un certain calme. Le conflit semble enfin aboutir grâce à l’accord de paix de la Jaunaye. Ayant pour objectif de mettre un terme aux conflits avec Vendéens et Chouans, l’accord de paix est négocié par Charette mais refusé par Stofflet. Il restaure la liberté de culte dans les terres vendéennes, dispense les habitants de la conscription et instaure l’amnistie des rebelles. La Guerre de Vendée n’est toutefois pas terminée.
- 1795: 21 février
Rétablissement de la liberté de culte en France
La Convention met fin à cinq ans d'intolérance religieuse en proclamant la liberté de culte. Désormais, l'Etat autorise l'exercice du culte de son choix mais insiste sur le fait qu'il doit se dérouler sans signes ostentatoires et que l'Etat ne sera pas mis à contribution pour fournir des lieux de prières.
- 1795: 23 juin
Débarquement de Quiberon
Alors que la Convention cherche à réduire au maximum le poids des royalistes, la contre-révolution débarque d’Angleterre au cœur de la Bretagne. En fait, si l’uniforme est anglais, il s’agit essentiellement d’émigrés, venus pour rétablir la monarchie. Les Chouans sont prêts et rejoignent rapidement les émigrés selon leur plan. Faute de débarquement en Vendée, les troupes de Charette et Stofflet ne peuvent se joindre à la partie. Mais dès que le débarquement a lieu, ils dénoncent l’un après l’autre les accords de paix qu’ils ont signés séparément. Pourtant, mal organisée et rongée par les dissensions, l’armée d’émigrés, après une brève avancée, ne fera pas illusion longtemps. Elle est repoussée et vaincue en seulement quelques jours par l’armée républicaine.
- 1795: 14 juillet
La Marseillaise devient l'hymne national
Le décret du 26 messidor an III proposé par le député Debry déclare "La Marseillaise" hymne national français. D'abord appelé "Chant de guerre pour l'armée du Rhin", la chanson a été écrite dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 par Rouget de Lisle, officier du génie en poste à Strasbourg. Interdite durant le premier et le second empire, elle sera définitivement proclamée "hymne national" en 1879.
- 1795: 5 octobre
Première intervention de Bonaparte
Le commandant en chef de l'armée de l'intérieur, Paul Barras, fait appel au jeune et inconnu général Napoléon Bonaparte pour réprimer une insurrection royaliste à Paris. Mécontents des dispositions prises par la Convention "thermidorienne", qui visent à empêcher une restauration de la monarchie, les royalistes se révoltent. Une partie de la garde nationale et un groupe de sans-culottes prennent les armes. Mais la répression et trop forte ce 13 vendémiaire de l'an IV, Bonaparte mitraille les insurgés royalistes sur les marches de l'église Saint Roch, au coeur de Paris. Choisi par Barras sur les conseils de sa maîtresse, Joséphine de Beauharnais, l'action du futur empereur ce jour-là lui vaudra la main de la belle Joséphine en mars 1796 et le commandement de l'armée d'Italie.
- 1795: 26 octobre
Début du Directoire
La Constitution de l'an III est votée par les thermidoriens. Elle met fin à la Convention et instaure le Directoire. Le nouveau pouvoir exécutif est composé de deux assemblées: les Cinq-cent et les Anciens. Cependant les deux tiers des députés sont choisis parmi les conventionnels. Le général Bonaparte prend la place de Barras et devient commandant en chef des armées de l'intérieur.
- 1796: 9 mars
Mariage de Napoléon Bonaparte
Le général Bonaparte épouse civilement Joséphine de Beauharnais à la mairie du IIème arrondissement de Paris. Joséphine est créole, elle a grandi en Martinique puis s'est mariée une première fois en métropole en 1779. Son défunt mari, le général Alexandre de Beauharnais, lui a donné deux enfants, Hortense et Eugène. Deux jours après son union, Napoléon Bonaparte partira rejoindre son commandement à Nice.
- 1796: 15 juillet
Fin de la Guerre de Vendée
Après l’exécution des principaux dirigeants, Charette et Stofflet, le Directoire annonce la fin des troubles dans l’ouest. Depuis mars 1793, la région Vendéenne était secouée par la guerre civile entre républicains et royalistes. Après un épisode intense et extrêmement violent d’un an, la guerre s’était poursuivie, entrecoupée de pauses, notamment grâce au Traité de Jaunaye. La région, saignée à blanc, mettra de nombreuses années à s’en remettre et tentera sans succès de se soulever à nouveau en 1800.
- 1796: 10 septembre
Le Directoire écrase les "babouvistes"
Les derniers partisans de Babeuf, théoricien français d'une forme de communisme agraire, soulèvent les soldats du camp de Grenelle contre le Directoire. Dénoncés et manipulés, les insurgés tombent dans un piège. L'extrême-gauche révolutionnaire est écrasée.
- 1796: 17 novembre
Bonaparte victorieux à Arcole
Bonaparte, commandant en chef de l'armée d'Italie, vainc les Autrichiens commandés par le maréchal Alvinczy à Arcole (Italie). Après deux jours de combats indécis, Bonaparte entraîne ses troupes et franchit le pont d'Arcole sous une grêle de balles. La campagne d'Italie s'achèvera avec la capitulation de l'armée autrichienne à Mantoue (2 février 1797) et le traité de Campoformio entre la France et l'Autriche (18 octobre 1797).
- 1797: 14 janvier
Bataille de Rivoli
Les troupes du général Napoléon Bonaparte l'emportent contre les autrichiens du baron d'Alvinczy. Cette victoire entraîne la chute de Mantoue que l'Autriche était partie délivrer, et la reddition du général Wurmser. Alvinczy laissera dans la débâcle près de 5 000 prisonniers aux troupes françaises.
- 1797: 19 février
Traité de Tolentino
La France du Directoire et le pape Pie VI signent un traité de paix dans lequel la papauté reconnaît l'annexion d'Avignon et du Comtat Venaissin par la France.
- 1797: 4 septembre
Coup d'Etat de Fructidor
Le général Pierre Augereau, envoyé sur Paris à la demande du Directoire par le général Napoléon Bonaparte, assiège les deux Assemblées (Conseil des Anciens, Conseil des 500). Sont déclarés passibles de la peine de mort tous ceux qui voudraient rétablir la royauté et 42 députés suspects de sympathies royalistes sont déportés. Le Directoire, menacé par les élus modérés qui préparaient le retour de la monarchie, est sauvé. Deux ans plus tard, Bonaparte sera à nouveau appelé, mais cette fois, il agira pour son propre compte et fondera le Consulat.
- 1797: 18 octobre
Signature du traité de Campo Formio
La France impose à l'Autriche de signer le traité de Campoformio. Il met fin à la campagne d'Italie menée par le jeune général Bonaparte et partage la république de Venise entre les deux puissances européennes. Cet accord a aussi le mérite d'apporter la paix à un continent en guerre depuis cinq ans, mais ce ne sera que de courte durée.
- 1797: 18 octobre
La Belgique autrichienne est cédée à la France
Suite à sa victoire lors de la bataille de Fleurus, la France avait annexé le territoire belge. Les deux royaumes étaient alors en conflit depuis 1792. Lors du traité de Campo Formio, l’Autriche reconnaît officiellement à la France la possession des terres, qui seront divisées en neuf départements. La Belgique connaîtra un certain développement économique sous l’autorité française.
- 1798: 28 janvier
Mulhouse rejoint la République française
Le traité de Mulhouse rattache la ville à la France, mettant fin à trois siècles d'indépendance. Le 4 janvier, la grande majorité des notables de la ville s'était prononcée en faveur du rattachement.
- 1798: 22 mars
Instauration de la République helvétique
Les Français anéantissent la Confédération suisse et établissent la République helvétique, régie par une nouvelle Constitution. Quelques mois plus tôt, le pays de Vaud avait proclamé sa République indépendante (lémanique), ce qui provoqua aussitôt une vive réaction. Ce prétexte permit à la France de s’emparer de Lausanne, de Fribourg, de Soleure et de Berne, étendant peu à peu sa domination sur tout le territoire. Toute insurrection fut écrasée.
- 1798: 15 avril
Genève perd son indépendance
Les troupes françaises, sur ordre du gouvernement du Directoire (1795-1799), occupent la République indépendante de Genève. Quelques semaines plus tôt, elles ont envahi la Suisse et créé une République suisse unitaire, à l'image de la République française. La ville annexée est transformée en chef-lieu du département du Léman. En 1814, à la chute de Napoléon Ier, Genève recouvrera sa liberté et sera intégrée à la Confédération helvétique.
- 1798: 11 mai
Le coup d'Etat du 22 Floréal an VI
Les cinq Directeurs qui exercent le pouvoir exécutif, cassent les élections des Assemblées, trop favorables à leurs yeux aux Jacobins, partisans d'une révolution sociale. Pour mettre un terme aux conflits internes du pouvoir, certains Directeurs en viennent même à souhaiter une dictature militaire. Ce sera chose faite en 1799, quand le général Bonaparte, de retour d'Egypte, renversera le gouvernement du Directoire. Il prendra alors le titre de Premier Consul.
- 1798: 21 juillet
Bataille des pyramides
Le général Napoléon Bonaparte qui conduit la campagne d'Égypte, bat les cavaliers mamelouks non loin des pyramides de Gizeh. Les troupes de Mourad Bey, surprises par les tirs d'infanterie se retirent rapidement et l'affrontement ne dure pas plus de deux heures. Victorieux, Bonaparte va régner sur l'Égypte tel un vizir jusqu'à l'intervention de la flotte britannique en 1801, qui le chassera définitivement de la région.
- 1798: 1 août
La flotte française détruite à Aboukir
En rade d'Aboukir (Egypte), la flotte française commandée par l'amiral Brueys d'Aigaïlliers est battue par la flotte britannique sous les ordres de l'amiral Nelson. Seuls quatre vaisseaux sur une vingtaine réussissent à s'échapper. La flotte française venait de débarquer en Egypte le corps expéditionnaire du général Napoléon Bonaparte. Celui-ci est alors bloqué en Egypte. Napoléon Bonaparte rentrera secrètement un an plus tard. Le général Ménou signera avec les Britanniques un accord d'évacuation des troupes françaises trois ans plus tard. Ce sera la fin de la campagne d'Egypte.
- 1798: 11 octobre
Déroute de la flotte française en Irlande
La division Bompard composée de huit navires et 2 900 hommes est pourchassée et en grande partie détruite par les bateaux du Commodore anglais Warren au nord-ouest de l'Irlande. La France souhaitait débarquer des forces pour soutenir le soulèvement des catholiques irlandais qui avait démarré en avril.
- 1799: 16 avril
La bataille de Mont-Thabor
L'armée française vainc l'armée du Grand Turc, suzerain des Mamelouks, à Mont-Thabor (Palestine). Le général Bonaparte a lancé une expédition militaire en Egypte en 1798, dans le but de saper la puissance britannique en Méditerranée orientale et contrôler la route des Indes. Après cette victoire, il continuera son avancée, mais ne parviendra pas à prendre la ville de Saint-Jean-d'Acre. Si la campagne d'Égypte se soldera par un échec sur le plan militaire en 1801, elle permettra à l'égyptologie de prendre son essor, grâce aux travaux des savants que Bonaparte avait emmenés avec lui.
- 1799: 8 octobre
Bonaparte rentre d'Egypte
Quatre frégates (la "Muiron", la "Carrère", "l'Alerte" et "l'Indépendant") mouillent devant Fréjus : à leur bord, le général Bonaparte de retour d'Egypte avec les généraux Duroc, Lannes, Marmont, Murat et Berthier. Les quatre bateaux avaient quitté Alexandrie le 22 août et fait un long détour pour éviter les navires britanniques. Les difficultés que rencontre le Directoire et l'enlisement des armées françaises en Egypte ont poussé l'ambitieux général à précipiter son retour en France.
- 1799: 9 novembre
Coup d'Etat du 18 Brumaire
De retour de sa campagne d'Egypte, Bonaparte décide avec l'aide de son frère Lucien, président du Directoire et de Sieyès de "sauver la République" menacée par les royalistes et un retour de Louis XVIII. Le Directoire est réuni au château de Saint-Cloud. Les députés se refusent dans un premier temps à modifier la Constitution en faveur du général Bonaparte. C'est par la force qu'ils acceptent de nommer un gouvernement provisoire en la personne de trois Consuls, Napoléon Bonaparte, Emmanuel Joseph Sieyès et Roger Ducos. Bonaparte devient très vite Premier Consul et la réalité des pouvoirs lui sont octroyés. L'image d'un dictateur se profile.
- 1799: 13 décembre
Naissance du Consulat
Le texte définitif de la nouvelle Constitution, dite Constitution de l'an VIII, est promulgué. Rédigée par Daunou, elle affaiblit le pouvoir législatif et renforce le pouvoir exécutif qui sera détenu par trois consuls nommés par le Sénat pour une période de 10 ans. Bonaparte, Cambacérès et Lebrun sont élus consuls, mais seul Bonaparte détiendra la réalité du pouvoir. En instaurant le "Consulat", la Constitution de l'an VIII met un terme définitif à la Révolution.
- 1800
- 20 mars
La victoire de Kléber à Héliopolis rétablit la position des Français qui reconquièrent l'Egypte.
- 24 mai
Pour parer à la menace d'une double invasion des troupes autrichiennes, massées autour de Gênes et en Souabe, Bonaparte passe en Italie par la Suisse et le col du Grand Saint-Bernard, prenant ainsi les Autrichiens d'Italie à revers.
4 juin
Nouvelle proclamation de la République Cisalpine.
- 14 juin
Victoire de Marengo.
- 30 septembre
traité de Mortefontaine avec les Etats-Unis.
- 1er octobre
L'Espagne rend à la France la Louisiane (qui sera vendue aux Etats-Unis en mai 1803).
- 1801
- 9 février
Traité de Lunéville entre la France et l'Autriche, qui reprend et étend les dipositions de Campo-Formio. Reconnaissance des conquêtes révolutionnaires : annexion des départements belges et rhénans, réunion de la Belgique, extension du territoire français jusqu'à la frontière du Rhin (de Bâle jusqu'à la République batave) ; en Italie, progression de l'influence française (Républiques Cisalpine et Ligurienne)
- 6 mars
Débarquement anglais en Egypte. Prise du Caire (28 juin), d'Alexandrie (30 août).
- 15 juillet
Signature du Concordat avec Pie VII. Le texte déclare la religion catholique "religion de la grande majorité des citoyens français" et abolit la loi de 1795 séparant l'Église de l'État. En contrepartie, le Saint-Siège reconnaît le Consulat et accepte que les évêques soient nommés par le Premier consul, Napoléon Bonaparte. La signature du Concordat met fin à 10 ans de querelles entre le Vatican et la France, et assure le retour de la paix religieuse dans le pays. Le Concordat sera promulgué le 8 avril 1802 et Pie VII sacrera Napoléon empereur en 1804.
- 31 août
Fin de l'expédition d'Egypte
Le général Ménou, chef des troupes françaises d'Egypte, signe un accord d'évacuation avec les Britanniques à Alexandrie. En 1798, une expédition militaire française avait débarqué à Alexandrie. A sa tête, le général Bonaparte voulait saper l'autorité des Britanniques en Méditerranée orientale et contrôler la route des Indes. Si la campagne d'Egypte se solde par un échec sur le plan militaire, elle permettra à l'égyptologie de se développer.
- 1802
- 25 mars
Paix d'Amiens : La France est enfin en paix après 10 ans de conflit. Mais la période de calme sera de courte durée puisque la guerre reprendra un an plus tard. "La paix d'Amiens" prendra alors le nom de "trêve d'Amiens". l'Angleterre restitue à la France la Martinique, la Guadeloupe, les comptoirs de l'Inde ; l'Egypte est rendue à l'Empire ottoman.
- 9 mai
Création de la Légion d'honneur
Le Premier Consul Napoléon Bonaparte crée par décret l'Ordre de la Légion d'honneur pour récompenser les actions civiles et militaires. Aux républicains qui l'interpellent sur le bien-fondé de ces décorations, il rétorque : "C'est avec ces hochets qu'on mène les hommes". La décoration est réalisée à partir d'un dessin de David, sur une maquette de Challiot : c'est une étoile à 5 rayons doubles dont le centre est entouré d'une couronne de lauriers. Sous la Restauration, les grades prendront leur appellation définitive : chevalier, officier, commandeur, grand officier et grand-croix.
- 2 août
Napoléon devient consul à vie
Après la paix d'Amiens (25 mars 1802) avec l'Angleterre, le Premier consul Napoléon Bonaparte, au faîte de sa popularité, décide d'en appeler au peuple et de se faire élire consul à vie. Il obtient 3 500 000 voix, contre 8 400, en faveur de sa proposition. Le Sénat ratifie alors la Constitution de l'an X qui consacre la toute puissance de Napoléon Bonaparte. Il se fera proclamer empereur des Français deux ans plus tard.
- 11 septembre
Annexion du Piémont par la France
Contredisant les règles qu'il s'était lui même fixé, Napoléon annexe la riche région de Turin à la France en se basant sur un référendum remontant à 1799. Le Piémont est divisé en six départements. Cette annexion en dehors des frontières naturelles et historiques de la France provoque la fureur des grandes puissances européennes et met à mal l'image de libérateur de Napoléon auprès des patriotes du Piémont et d'ailleurs.
- 1803
- 19 février
Bonaparte médiateur de la Confédération helvétique. Bonaparte rétablit la Confédération suisse, qui comptera alors dix-neuf cantons. Chacun d’eux bénéficiera d’un gouvernement autonome mais tous seront unis au cœur d’une organisation fédérale plus forte, régie par une Diète fédérale. Cet Acte de médiation sera supprimé en 1814, après la chute de l’Empire.
- 24 mars
" Recez de Ratisbonne ", acte réorganisant l'Allemagne (France, Prusse, princes allemands).
- 28 mars
Création du Franc Germinal
Le consul Napoléon Bonaparte crée le franc germinal par la loi du 7 Germinal an XI. La nouvelle pièce de un franc contient 4,5 grammes d'argent pur et 9/10ème d'or fin. Une pièce de 20 francs en or voit aussi le jour. Elle est baptisée Napoléon. Le franc germinal restera en vigueur jusqu'en 1914.
- 12 avril
Apparition du livret ouvrier
La loi du 22 Germinal an XI réaffirme l’interdiction des rassemblements d’ouvriers et donc l’illégalité des syndicats. Elle fait aussi de la grève un délit. Mais surtout, elle instaure un nouveau système de contrôle plus stricte des travailleurs : le livret ouvrier. Sur celui-ci, les dates de début et de fin de chaque emploi doivent être inscrits. Dans les sources de motivation de cette mesure, la volonté de renforcer la dépendance du salarié vis-à-vis de son employeur et celle d'accentuer le contrôle policier figurent en bonne place.
- 30 avril
Bonaparte cède la Louisiane
Les Etats-Unis achètent à la France pour 80 millions de francs ou 15 millions de dollars les territoires de la Louisiane, qui avaient été repris à l’Espagne en 1800. Le Premier Consul Napoléon Bonaparte compte sur cet argent pour financer la guerre avec l'Angleterre. De son côté, le président américain Thomas Jefferson peut se féliciter d'avoir doublé la superficie de son pays (dont la Louisiane sera le 18ème Etat) et d'avoir débloqué la frontière du Mississippi, ouvrant la voie à l'expansion de son pays.
- 20 mai
Rupture de la paix d'Amiens, suite à l'occupation du Hanovre par Mortier.
- juillet
C'est la rupture avec l'Angleterre. Napoléon croit qu'il est temps de traverser la Manche. Il rassemble une énorme armée prête à prendre le large dont il ne sait que faire jusqu'au jour où l'intervention d